Ah non pas une autre crise!

Posté le 23/05/2017

Il y a celles qui se passent sur un plancher de centre d’achat, il y a celles que l’on fait lorsque nous sommes fatigués ou contrariés et les crises qui nous vide complètement de notre énergie.  

La gestion des émotions est loin d’être innée. Comment pouvons-nous exiger des enfants qu’ils se maîtrisent émotionnellement alors que nous n’y arrivons pas nous-mêmes en tant qu’adultes. Il est clair, que cela n’est pas une question d’âge.

Soyez rassuré cela s’apprend. Il est important, pour nous adultes, de nous questionner sur la façon de gérer nos émotions. Il ne faut surtout pas oublier que nous sommes, comme adulte, un merveilleux modèle pour nos enfants.

Mais comment peut-on aider les enfants à devenir plus autonome émotionnellement?

En distinguant les 4 étapes de la colère afin de mieux intervenir.

-ACCUMULATION: Elle est faite de plusieurs éléments qui créer de l’inconfort et de la frustration chez l’enfant, ou l’adulte… C’est comme des petits bâtons de dynamite.

-ÉTINCELLE: C’est ce qui met le feu aux poudres. Ça peut être une demande du parent, le petit frère qui vient jouer avec un de nos jouets et qui le brise… Heureusement, même à cette étape, on peut désamorcer.

-EXPLOSION: Quand il y a explosion, il est trop tard, on ne peut plus intervenir. Avez-vous déjà essayé d’arrêter un feu d’artifice à main nue ? C’est un peu la même chose. Essayer de faire arrêter un enfant qui est en train d’exploser, le maîtriser physiquement, le contenir, c’est rarement une bonne idée sauf si sa sécurité en dépend. Vous risquez de le blesser ou de vous blesser.

-RETOMBÉ: C’est lorsque la crise est terminée. Il est important de savoir que ce n’est pas parce que la crise est terminée que le problème est disparu. Il est donc très important de faire un retour sur les éléments déclencheurs de la crise et sur les interventions que nous pouvons faire et non PAS SUR LA CRISE… Oubliez les sermons, ils ne mènent nulle part.

1-Peut-on éviter une crise?
Oui, en nommant l’émotion que l’enfant vit. On peut souvent désamorcer l’émotion de l’enfant, car il se sent compris. Par exemple, si j’arrive de ma journée de boulot avec une charge émotive négative et que mon conjoint me dit : BON TU N’AS PAS L’AIR DE BONNE HUMEUR, CALME-TOI. J’ai beaucoup plus de chance de me calmer si au contraire il me dit : OUF CA N’A PAS L’AIR DE BIEN ALLER, TU AS EU UNE GROSSE JOURNÉE ? En étant constant comme parent. Attention à nos réactions comme parent. Faire le parallèle avec la notion de choix. On ne nous met pas en colère, on choisi cette avenue. Nommer et reconnaître les besoins, c’est la base dans les relations humaines.

2- On fait quoi?
Dans plusieurs maisons et milieux de garde, j’ai fait remplacer le fameux coin baboune par un coin émotion. En fait, selon moi, ces coins ne font que stigmatiser les émotions vécues par les enfants en les rendant négatives. Donc, ce qu’ils en déduisent, c’est que de vivre une émotion n’est pas correct et ainsi ils n’apprennent pas à les connaître ni les vivre de manière constructive.

Ce que je propose est un coin des émotions ou un coin calme. Cet endroit peut être dans la chambre de l’enfant puisqu’il doit y avoir accès en tout temps. Le but est de lui proposer, ou plutôt de lui demander, d’aller se calmer dans son coin lorsque ça ne va pas. De cette façon, ce n’est pas une punition mais plutôt une opportunité de se calmer. Ce n’est donc pas un retrait sauf si l’enfant refuse d’y aller et que nous devions l’y restreindre.

3-Les outils.
Que peut-on mettre en place pour aider les enfants à apprivoiser leurs émotions ?
La boite à émotions : album photo (le plus important, l’enfant choisi lui-même les photos), objets qu’on peut manipuler comme des balles de stress, une voiture que l’enfant aime, un petit livre à regarder… que de petits objets qui ne sont pas cassables, qui se ramassent facilement (on oublie la pâte à modeler)

Cette boite à émotions est accessible en tout temps. Nous devons expliquer aux enfants que c’est pour les moments où il a besoin de se retirer pour se calmer ou même lorsqu’il en a envie.

Il est aussi important de mettre une image sur la montée de l’émotion afin de pouvoir la quantifier. Comme je le dis toujours, l’important pour les enfants, c’est que son émotion soit exprimée de manière visuelle comme par des volcans d’émotions, ou encore des thermomètres etc.

D'ailleurs, il y a l'outil MON ARC EN CIEL ÉMOTIONNEL, disponible sur ma boutique internet.  (mettre le lien) En vous le procurant, vous aurez accès à un vidéo s'adressant directement à votre enfant.  

On peut aussi s’en servir pour constater si l’émotion a diminué d’intensité après avoir utilisé des moyens de se calmer par exemple.

4-Enseignez- leur !
Comme nous l’avons dit précédemment, la gestion des émotions n’est pas innée. Il nous incombe, à nous les parents et les éducateurs, de devenir un bon modèle pour nos enfants et leur apprendre à mieux gérer et exprimer leurs émotions.

C’est bien connu, les enfants apprennent en observant. Si nous sommes une personne complètement colérique qui exprime sa colère en criant et en fracassant, que retiendra notre enfant ?

Nous devons nommer le plus possible les émotions pour qu’il les connaisse par exemple : « Oh, tu es fâché, tu as eu peur ». On peut même en faire des jeux. Plus, l’enfant pourra nommer ses émotions, plus il pourra être en mesure de les gérer et de les exprimer en utilisant le « Je » Exemple : « Quand tu as pris mon camion, ça m’a fâché parce que je voulais jouer avec » Peux-tu me le demander la prochaine fois ? » Voilà notre but !

La respiration est une excellente méthode pour apprendre à nous calmer. Aussi étrange que cela puisse paraître, bien respirer pour se calmer n’est pas innée. Souvenez-vous de votre premier cours de yoga ou vous avez eu la tête qui tournait et les lèvres qui picotaient parce que vous avez dû réapprendre à respirer.

Pourtant, le premier réflexe que nous avons avec les enfants est de leur demander de respirer, alors que nous avons du mal à le faire nous-mêmes. Que fait un enfant de 2 ans à qui nous avons demandé de respirer ? Il respire rapidement.

Alors que nous savons que pour nous calmer, nous devons respirer profondément et expirer longuement. C’est pourquoi, nous devons expliquer aux enfants comment respirer pour se calmer.

Pratiquons avec eux de façon ludique ! On peut le faire en soufflant une bougie, en soufflant sur une plume, en faisant des bulles. On peut inspirer en sentant une fleur… Plus on le fera de façon concrète, plus les enfants seront en mesure de le faire quand l’émotion les envahira.

En conclusion, il y a une multitude de livres pour les enfants et les parents pour nous aider à leur expliquer comment respirer. La gestion des émotions n’est pas acquise. On doit en faire un apprentissage afin de mieux soutenir l’enfant pour qu’il devienne responsable de ses actions et de ses choix de réactions. L’enfant y arrivera avec des outils qui apportent un support visuel, beaucoup d’empathie et de patience.